PART 2
— « …si je vous la rends maintenant, elle risque de mourir. »
Le monde sembla s’arrêter.
La femme resta figée, les bras à moitié tendus, comme suspendue entre la colère et une peur soudaine, incontrôlable.
— « Qu… quoi ? » murmura-t-elle, la voix tremblante.
Ethan ne la regardait plus. Ses yeux étaient fixés sur le bébé.
Le petit corps était toujours chaud… trop chaud.
Les pleurs s’étaient transformés en de faibles gémissements irréguliers.
— « Elle est en hyperthermie… » dit-il rapidement, plus pour lui-même que pour elle. « Sa respiration est irrégulière… »
Il serra le bébé contre lui, cherchant de l’ombre, balayant le parking du regard.
— « Il faut la refroidir. Maintenant. »
La femme recula d’un pas, perdue.
— « Je… je ne voulais pas… je pensais juste… une minute… »
Sa voix se brisa complètement.
Ethan leva enfin les yeux vers elle.
— « Une minute dans une voiture comme ça, c’est déjà trop. »
Un silence lourd tomba entre eux.
Puis, au loin — une sirène.
Faible d’abord.
Puis de plus en plus forte.
La femme sursauta.
— « Vous avez appelé les secours ? »
Ethan hocha brièvement la tête.
— « Dès que j’ai cassé la vitre. »
Elle regarda autour d’elle, comme si la réalité commençait enfin à s’imposer. Les regards des passants. Les téléphones levés. Les murmures.
— « Mon Dieu… » souffla-t-elle.
Le bébé émit un petit son faible.
Ethan réagit immédiatement.
— « Restez avec moi, petite… allez… »
Il enleva doucement sa veste et l’agita pour créer un peu d’air, tout en cherchant quelque chose.
— « De l’eau ! » cria-t-il soudain. « Quelqu’un a de l’eau ?! »
Une femme dans la foule s’approcha en courant, une bouteille à la main.
— « Tenez ! »
Ethan en versa un peu sur ses mains, puis humidifia délicatement le front et le cou du bébé.
— « Pas trop… pas trop vite… » murmura-t-il.
La mère regardait, paralysée.
Ses lèvres tremblaient.
— « …je suis sa mère… » dit-elle faiblement, comme pour se convaincre elle-même.
Ethan ne répondit pas.
Il continua, concentré, chaque geste précis.
Les sirènes étaient maintenant proches.
Très proches.
La femme fit un pas vers eux.
— « S’il vous plaît… laissez-moi la prendre… »
Mais cette fois, ce n’était plus un ordre.
C’était une supplication.
Ethan hésita.
Ses yeux croisèrent les siens.
Et dans ce regard… il ne vit plus de colère.
Seulement de la peur.
De la culpabilité.
Et quelque chose d’autre.
Quelque chose qu’il ne comprenait pas encore.
Les sirènes hurlèrent juste à côté.
Les secours arrivaient.
Mais au moment où Ethan s’apprêtait enfin à parler…
Le bébé cessa soudain de faire le moindre bruit.
…
Un silence terrifiant s’installa.
(À suivre…)